LA MEMOIRE EN MARCHE

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Libre, fidèle et indépendante. Jetée au vent de l'espérance, contre l'oubli et pour demain...

Plantu et la mémoire des camps: la genèse d'un timbre.

Publié par Michel C.

2005 - 60ème anniversaire de la libération des camps - Illustration du dessinateur Plantu - Pays émetteur : France - Valeur faciale : 0,53 euro. Timbre à date dessiné par Claude Perchat.

 

Dans la continuité d’une première expérience philatélique au bénéfice de l’association Médecins sans frontières (1998), La Poste propose à Plantu en 2005 un projet de timbre hors programme commémorant le 60ème anniversaire de la libération des camps nazis. S’accommodant d’une contrainte temporelle serrée, Plantu accepte le défi, et soumet à l’institution postale quatre maquettes dont l’une est finalement retenue pour illustrer le timbre émis le 24 avril 2005, imprimé en héliogravure.

Comme il l’explique dans son entretien en avril 2005 pour la revue Timbres Magazine, Plantu n’adopte pas à cette occasion un processus de création différent de celui utilisé pour ses dessins éditoriaux. Une seule et même question sous-tend en amont sa démarche créative : « Qu’est-ce que j’ai envie de raconter ? ». Concerné par le thème de ce timbre-anniversaire,  il lui faut derrière cette interrogation mettre à plat sur une surface de 3 cm sur 4, un message que le spectateur « captera en trois secondes ».

L’histoire racontée ici a ses « héros », et ils sont facilement identifiables. En position centrale d’abord, le déporté. Il témoigne des souffrances endurées et exprime son soulagement. Epuisé et livide, son corps semble le fuir et son visage apparaît déformé, dépersonnalisé, déshumanisé. Il ne porte aucun signe distinctif, et témoigne donc de la douleur de l’ensemble des victimes, quel que soit le motif de leur déportation.  Placés en miroir de part et d’autre, ce sont les autres acteurs de l’évènement. Ils sont les libérateurs, l’un venant de l’Ouest portant l’étoile de l’US Army, l’autre de l’Est arborant au front faucille et marteau. Ils partagent la même compassion, sans  tenter, pour l’instant, de prendre la place du personnage central, ce fantôme en tenue rayée enfin libéré de l’enfer dans son dos. En arrière-plan, les éléments clés dressent le cadre historique du drame. Un mirador menaçant, des barbelés oppressants mais finalement rompus, des baraquements et surtout la cheminée fumante d’un crématoire encore tiède.

A l’occasion de la mise en circulation du timbre, le 24 avril 2005, une manifestation « Premier jour » se déroula au Musée Jean Moulin à Paris et simultanément à Lyon au Musée de la Résistance. Deux cachets furent conçus pour cet événement par la graphiste parisienne Claude Perchat. Libre de ses mouvements, attentive aux symboles et à la portée de son œuvre, elle proposa 5 maquettes dont deux furent choisies pour cette journée exceptionnelle. Le challenge était donc relevé pour elle aussi. Transmettre l’émotion à travers une œuvre graphique d’un diamètre tout juste supérieur à celui d’une pièce de deux euros !

Un projet de Plantu non retenu par La Poste.

 

 


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