LA MEMOIRE EN MARCHE

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Libre, fidèle et indépendante. Jetée au vent de l'espérance, contre l'oubli et pour demain...

Comment était-ce à Dachau ?

Couverture comment était-ce à Dachau 

«  Si par miracle vous en sortez vivant, écrivez, publiez ce qu’ils ont fait de nous ! Voilà le testament sacré des camarades qui sont morts dans nos bras ou qui furent emmenés avec le transport des invalides pour être gazés ; Voilà le testament des frères, des amis éprouvés par le destin, des hommes-numéros dont les cendres s’envolaient par les cheminées et couvraient les champs de l’étranger… »

Johann Neuhausler fut déporté dans le camp de Dachau entre le 12 juillet 1941 et  le 24 avril 1945 (matricule 26680), après avoir séjourné plusieurs mois dans les prisons de la Gestapo à Munich puis à Berlin, et après un passage par le camp de concentration d’Oranienburg-Sachsenhausen.

C’est à dessein que Johann Neuhausler titre son ouvrage par une question sans issue, conscient « qu’aucun prisonnier, eut-il séjourné au camp de son premier à son dernier jour, ne pouvait exposer  toute la vérité » de Dachau. Associant son témoignage aux écrits d’autres rescapés, tels que le polonais Jan Domagala, auteur de « Ceux qui ont passé par Dachau » et le français Edmond Michelet, auteur de « Rue de la liberté », l’auteur rapporte méthodiquement, suivant un chapitrage ordonné voire saccadé, d’innombrables informations sur la vie quotidienne au camp, et son organisation.

Nous regretterons cependant la mise en avant de la seule « déchristianisation » des âmes comme cause de l’émergence du projet concentrationnaire. Comme nous regretterons également le dogme répétitif du « Pardonner mais ne pas oublier », renvoyant à des considérations de seconde zone, l’identification des mécanismes, la recherche des responsabilités, et le rendu de la justice, ceci au nom de ceux qui n’ont jamais eu l’occasion de parler puisque non revenus des camps.

Cependant nous conserverons en mémoire la force de témoignage d’un homme de foi survivant au milieu d’autres hommes de foi, ainsi que l’évocation de deux rencontres particulières, celle de Georg Elser, à l’origine d’un attentat solitaire en 1939 à Munich dirigé contre Hitler en personne, et du Général  Charles Delestraint, héros de la Résistance française, et premier chef de l’Armée secrète. Tous les deux furent assassinés en avril 1945, à quelques encablures de la victoire alliée.

" Comment était-ce à Dachau ? " - Johann Neuhausler, évêque auxiliaire de Munich - Publié par l'administration du Monument expiatoire du Camp de concentration de Dachau (1960)

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