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LA MEMOIRE EN MARCHE

LA MEMOIRE EN MARCHE

Libre, fidèle et indépendante. Jetée au vent de l'espérance, contre l'oubli et pour demain...

Matthias Hagemann, 100 km dans les pas des Marches de la mort d'Auschwitz

En 2015, à l’occasion du 70ème anniversaire des marches de la mort au départ d’Auschwitz, le photographe allemand Matthias Hagemann parcourt  le trajet suivi par les déportés entre le camp d’Auschwitz et celui de Blechhammer, situé au sud de la Pologne. Parcourant 100 km, à pied et son appareil photo à sténopé en main, il réalise alors un travail photographique  mémoriel original que nous avons découvert lors de l’exposition « Sténopé exquis » présentée à Nantes en décembre 2017.


Le contexte historique


A l’approche des troupes soviétiques, les nazis entreprirent en janvier 1945 l’évacuation du complexe d’Auschwitz-Birkenau. Ce fut par la route et à pied que de nombreuses colonnes de déportés abandonnèrent le camp, dans un froid intense, sans alimentation ni eau, en loques, et dans un état physique déjà dégradé. Ceux qui ne pouvaient suivre furent abattus d’une balle dans la nuque, abandonnés dans des fossés, le long des routes. Plus de 15 000 déportés périrent au cours de ces marches.


Le travail d’auteur


Pour rester fidèle à l’esprit de l’auteur et à son engagement, nous reproduisons ici le texte de présentation de son travail rédigé par Matthias Hagemann lui-même :


« Durant la fin de l’hiver 2015, j’ai commencé à suivre la trace des prisonniers sur plus de 100 km. J’ai d’abord cherché la route dans la littérature scientifique et dans les archives d’Auschwitz. La marche a commencé au camp d’extermination d’Auschwitz-Birkenau. Les étapes de quatre jours sont basées sur celles de 1945 passant par Mikolow, Gliwice, Sierakowice en direction du camp de concentration de Blechhammer. Chaque étape se déroule du petit matin au coucher du soleil. Marchant seul, je recherche des lieux et des situations historiques avec mon appareil à sténopé : camps, traces de rails, forêts, granges, chemins de campagne, plus loin des croix au bord du chemin, des indications de ville, des cimetières juifs. Les fossés en bordure de route, les ponts et les petits ruisseaux me rappellent les endroits où les cadavres des prisonniers ont souvent été jetés. De temps en temps, une fosse commune peut être repérée sur la route.
La destination finale de la marche est le camp de concentration de Blechhammer. Ici, les tours de guet en béton, les poteaux de clôture et l’ancien crématorium sont dispersés dans une zone forestière ouverte. Mais aujourd’hui ils racontent l’histoire de la souffrance et de l’horreur de ces jours d’hiver 1945.
Mon sténopé montre toutes les traces quelque peu floues et abstraites, empreintes d’une perspective émotionnelle intense. La méthode de développement chimique brute avec des tâches amorphes renforce l’approche mystérieuse d’une histoire oubliée
».
 

 

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