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LA MEMOIRE EN MARCHE

LA MEMOIRE EN MARCHE

Libre, fidèle et indépendante. Jetée au vent de l'espérance, contre l'oubli et pour demain...

Les martyrs de Lidice

19475ème anniversaire de la destruction de Lidice par les Nazis – Dentelé 12½ - Pays émetteur : Tchécoslovaquie – Valeur faciale : 1,20 koruna.

 

Situé au cœur d’une Tchécoslovaquie occupée par les forces armées allemandes, Lidice voit son destin scellé par le sort d’un des plus fanatiques dignitaires du régime nazi, le SS-Obergruppenführer Reinhard Heydrich.

Reinhard Heydrich naît à Halle (Allemagne, Saxe) le 7 mars 1904. Enfant, il évolue dans un univers familial baigné de musique classique, son père Bruno étant compositeur et directeur de conservatoire. Dans cette famille dévouée viscéralement au culte nationaliste allemand, la défaite de 1918 est dénoncée comme une trahison fomentée par les communistes et les Juifs, creusant le lit de l’engagement futur du jeune Reinhard dans l’extrémisme et l’antisémitisme.

Après une brève et terne carrière dans la marine de guerre allemande (1922-1931), Heydrich finalement sans emploi se tourne vers le Parti national-socialiste auquel il adhère le 1er juin 1931. Quelques semaines plus tard, il entre dans la SS avec le matricule 10120. Adoubé par Heinrich Himmler lui-même, il crée sous les ordres de ce dernier le service de renseignement du Parti nazi, le futur SD (Sicherheitsdienst). Efficace et ambitieux, il grimpe quatre à quatre les échelons de la hiérarchie SS jusqu’à occuper en 1936 le poste d’adjoint d’Himmler alors Chef de toutes les polices allemandes. En novembre 1938, lorsqu’il s’agit de faire le bilan des épisodes de violences antijuives ayant émaillé la Nuit de cristal (du 9 au 10 novembre), Heydrich saisit l’opportunité qui lui est faite pour désigner clairement le désormais ennemi numéro un de l’Allemagne nazie, celui qu’il faudra éliminer d’une manière ou d’une autre, à savoir Le JUIF. Il sera donc le grand exécuteur du projet nazi d’élimination des Juifs d’Europe, de l’engagement des Einsatzgruppen à la mise sur pied du processus collectif et systématique d’extermination par le gaz.

En septembre 1941, Reinhard Heydrich est nommé par Hitler à la tête du Protectorat de Bohême Moravie, poste qu’il occupe à Prague tout en conservant ses fonctions à la tête des services de renseignements du Parti. Adepte d’une politique de terreur inflexible, il soumet à sa botte une classe politique avilie et expédie la population juive dans le camp de Theresienstadt. Le 27 mai 1942, alors que Heydrich, le chasseur méthodique de Juifs, l’instigateur de la solution finale et des fours crématoires est au sommet de sa carrière, le destin se détourne. Ce destin a le visage de deux parachutistes tchèques, Jozef Gabcik et Jan Kubis, qui en milieu de matinée ce jour-là attaque la voiture dans laquelle circule Heydrich, seul avec son chauffeur. L’explosion de la grenade lancée contre le véhicule atteint Heydrich dans le dos. Les blessures sont graves, à l’origine d’une infection généralisée mortelle en quelques jours. Il décède le 4 juin.

C’est Hitler qui prend la décision des représailles vengeresses. La mission est confiée à un détachement de la Division SS « Prince Eugène ». L’objectif désigné : Lidice, un bourg minier situé à une vingtaine de kilomètres de Prague, accusé sans la moindre preuve d’avoir participé à l’organisation logistique de l’attentat. Hypothèse d’autant plus infondée que la Résistance tchécoslovaque a résolument écarté l’idée d’une attaque contre le dignitaire nazi justement par crainte de répressions contre la population civile. Mais l’ordre tombe. Lidice doit être rayé de la carte. Le 10 juin 1942, les troupes s’emparent du village.

Dès leur arrivée sur les lieux, le massacre des hommes démarre. Au total, les SS en fusillent 192. Simultanément, toutes les femmes et tous les enfants sont rassemblés puis triés. Parmi les 105 enfants présents, 17 vont être sélectionnés et vont prendre la direction de l’Allemagne pour être « rééduqués ». Pourquoi cette décision ? Parce qu’ils présentent un physique du type aryen ! Quant aux autres, c’est la mort qui les attend. Ils périront sans exception dans le camp d’extermination de Chelmno à bord des camions transformés en chambres à gaz. Certains n’ont pas encore deux ans ! C’est un autre camp, allemand celui-là, qui attend les femmes du village. Sur les 196 qui prennent la direction de Ravensbrück, 49 y mourront. Lenka Dvorakova témoigne de la destinée de sa mère : « Elle était l’une de ces femmes de Lidice ayant survécu à leur emprisonnement en camp de concentration. A Lidice, elle avait perdu son fils de 5 ans et son mari. Sa chance, c’était qu’elle l’ignorait… C’est seulement grâce à cela, au fait de ne pas être au courant que Lidice n’existait plus, que ni leurs maris, ni leurs enfants n’étaient en vie, que des femmes de Lidice ont pu survivre. Si elles l’avaient su, elles n’auraient pas eu de force pour le supporter ».

Mais les représailles ne s’arrêtèrent pas là. Dans les semaines qui suivirent les exactions et les pillages, le village fut livré aux engins de terrassement. Tous les bâtiments, y compris l’église, furent détruits, les gravats enfouis ou évacués. On déterra les morts du cimetière, on détourna un cours d’eau, on effaça des cartes les routes d’accès. Lidice n’existait plus, Lidice n’avait jamais existé !

Comme sa commune-sœur française Oradour-sur-Glane, qui connaitra deux années plus tard un sort comparable, le nom de Lidice reste associé à la mémoire d’un massacre injustifiable auprès de la communauté humaine. Un symbole d’autant plus vif qu’il n’en reste pas la moindre trace.

10 juin 1992 - Enveloppe Premier jour pour le 50ème anniversaire de la destruction de Lidice. Pays émetteur: Iles Marshall.

195715ème anniversaire de la destruction du village de Lidice – Dentelé 11½ x 14 – Pays émetteur : Tchécoslovaquie – Valeur faciale : 60 haleru.

 

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